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Les 5 Lois des bibliothèques

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En résumé, voilà de quoi nous occuper :

Loi #0 : Un/e bibliothécaire ne peut nuire aux bibliothèques ou aux usagers ni, restant passif/passive, permettre que l’on nuise aux bibliothèques ou aux usagers ;

Loi #1 : La bibliothèque est ouverte ;

Loi #2 : La bibliothèque est un lieu de vie ;

Loi #3 : Le service à l’usager et l’intérêt de ce dernier déterminent entièrement l’ensemble du fonctionnement de la bibliothèque ;

Loi #4 : La fonction d’une bibliothèque est de favoriser la circulation des idées sous toutes leurs formes et par tous les moyens existants ou à venir.

J’ai balancé la première règle (Loi #1) en réaction au scandale des bibliothèques universitaires majoritairement fermées entre noël et nouvel an, puis j’ai pensé la suite comme un amusement. A y bien réfléchir, il me semble que les 5 lois listées ci-dessus suffisent à elles seules à nous donner un cap général dans notre travail. On peut en discuter, les commentaires sont ouverts.

La loi #0, cadre général, impose évidemment de respecter les suivantes, parce que ne pas respecter ces suivantes est de fait une violation patente de la loi #0 …

PS : L’idée de ces lois vient des trois lois de la Robotique de Asimov. Je ne suis pas un spécialiste de l’oeuvre d’Asimov et/ou de toutes les conséquences des trois lois de la Robotique, les fins connaisseurs voudront bien m’excuser de cet emprunt.

Written by dbourrion

January 4th, 2012 at 6:34 am

Posted in Coup d'essai

5 Responses to 'Les 5 Lois des bibliothèques'

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  1. Si tu avais voulu plaire à l’esprit des fans d’Asimov tes lois auraient du être un système cohérent, en théorie infaillible ^^

    Tredok

    4 Jan 12 at 07:25

  2. Où est la faille ? Parce que c’est évolutif, le cas échéant.

    dbourrion

    4 Jan 12 at 09:56

  3. Il me semble que la loi #3 est suffisante : elle contient toutes les autres lois, non ?

    xavier berton

    4 Jan 12 at 11:15

  4. Oui, mais parfois, il faut expliquer longtemps…

    dbourrion

    4 Jan 12 at 11:31

  5. Alors voyons si ces lois résistent à l’épreuve du feu.

    La loi #0 me semble faussée par l’introduction du premier mot bibliothèque.

    Un bibliothécaire ne peut pas nuire aux bibliothèques, il en est partie intégrante, par contre, sa passivité (inaction), elle, peut nuire. Aux bibliothèques et aux usagers.

    Les Loi #1 et #2 peuvent se regrouper

    Loi #1 & #2 : La bibliothèque est un lieu de vie ouvert ;
    Ces deux lois sont, d’autre part, comprises dans la nuisance.

    Ne pas être ouvert, c’est nuire à l’usager ; ne pas être un lieu de vie, donc de mort, c’est nuire à l’usager.

    Etre un lieu de trop de vie (bruit, téléphone portable), c’est aussi une nuisance pour certains usagers. Dont les bibliothécaires. :-)

    La loi #4 ne devrait-elle pas être en #0 ?
    D’habitude, la fonction définit le reste des usages. Le but définit les actions à entreprendre.

    A remarquer, cette loi #4 est applicable aux journalistes, écrivains, etc. Elle n’est pas spécifique aux bibliothécaires. Ils sont même fort peu garants de la circulation des idées.
    De l’information, peut-être, des idées, j’ai de gros doutes.

    Les idées ne sont pas la connaissance. Seule la confrontation des idées permet la connaissance. Une idée neuve n’a de sens que par rapport à une idée ancienne ou à une autre idée. Sans fondations, pas de constructions.
    Bref, la seule circulation des idées ne me paraît pas définir les bibliothèques du passé, ni celles de l’avenir. (question : est-ce que les bibliothèques sont des coeurs propulsant les idées ? ou bien autre chose ?)

    J’ai gardé la loi #3 pour la fin, parce qu’elle me paraît un tantinet irréaliste. Cette loi rend le bibliothécaire esclave de l’usager.
    Si on détermine vraiment le fonctionnement de la bibliothèque par le service aux usagers et par leur seul intérêt, on esclavagise le bibliothécaire.

    Supposons que mon intérêt d’usager se porte sur la tartiflette, cela doit-il déterminer “entièrement l’ensemble du fonctionnement de la bibliothèque” ?

    La loi #3 me dit : oui, esclave !

    Et puis, rappelle-toi que les trois lois d’Asimov s’adressent à des robots.
    Le robot, c’est l’esclave par excellence. Corvéable à merci, jusqu’à mise au rebut. Quitte à “mourir” pour le maître !

    Perso, je suis au service de l’usager (dans une certaine mesure ;-) ), pas son esclave.
    Je veux bien lui rendre service pour trouver de l’information sur la tartiflette, mais pas jusqu’à lui en préparer une dans les règles de l’art.

    Cette loi #3 pourrait aussi aller à l’encontre de ce qui est bon pour l’usager.

    De “trouve-moi l’information pour mon devoir” à “fais mon devoir”, le pas n’est pas loin.
    L’intérêt optimal de l’usager (de son point de vue), ce serait qu’on lui fasse son devoir.

    Dans le cadre des trois lois d’Asimov, il n’est pas très difficile d’obliger un robot à faire son devoir. Un petit chantage au suicide, et c’est bon !
    Ou alors montrer que l’on va souffrir de ridicule ou du mépris des autres, et ça marche aussi.

    Problème, je ne suis pas un robot bibliothécaire. Je peux repérer le tire-au-flanc, et lui décocher un coup de pied au cul, ou aider, un peu, l’étudiant en grandes difficultés. (Dans la limite de mes moyens et connaissances)

    Le coup de pied au cul, c’est un NON magistral.

    Si je peux dire non, je réfute la loi #3.

    Dans le cadre des lois d’Asimov, un robot serait en conflit d’intérêts entre la demande des parents (ne pas faire le devoir de leur enfant) et celle de l’enfant (qui veut que le robot lui fasse son devoir).

    Obéir à l’un ou l’autre des ordres serait enfreindre la loi 1 de la robotique : atteinte à un être humain.

    Les parents ou l’enfant ? L’enfant ou les parents ? => conflit => extinction du robot.
    Ces trois lois ne sont pas l’idéal pour apprendre quelque chose aux enfants.

    Donc, gaffe aux lois d’Asimov.
    Le bibliothécaire n’est pas un robot.

    Et, tel que je le constate, le bibliothécaire a plus de chances d’appliquer les trois lois suivantes :

    - Un bibliothécaire ne peut porter atteinte à une collection, ni, restant passif, permettre qu’une collection soit exposée au danger.
    - Un bibliothécaire doit obéir aux nécessités de la collection, sauf si de telles nécessités entrent en conflit avec la Première loi.
    - Un bibliothécaire doit protéger son métier (sa personne ?) tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi

    Oui, l’usager est évacué de l’équation.
    Tes lois le mettent au coeur du système mais évacuent la notion de collection.

    Question : sans collection (strates de savoirs ou de loisirs), un bibliothécaire est-il encore un bibliothécaire ?

    Ou bien un animateur de lieu ? Voire un animateur de lieux de débats s’il s’agit de favoriser la circulation d’idées ?

    Voyons maintenant si, en rajoutant un même mot ici et là, je peux brûler un peu plus loin tes lois, et les pousser dans leurs retranchements extrêmes.

    Loi #0 : Un/e bibliothécaire (extrémiste) ne peut nuire aux bibliothèques ou aux usagers ni, restant passif/passive, permettre que l’on nuise aux bibliothèques ou aux usagers ;

    Loi #1 : La bibliothèque est ouverte ;

    Loi #2 : La bibliothèque est un lieu de vie ;

    Loi #3 : Le service à l’usager (extrémiste) et l’intérêt de ce dernier déterminent entièrement l’ensemble du fonctionnement de la bibliothèque ;

    Loi #4 : La fonction d’une bibliothèque est de favoriser la circulation des idées (extrémistes) sous toutes leurs formes et par tous les moyens existants ou à venir.

    Là, je me rends compte que les lois #3 et #4 prennent des tours déplaisants. (Orange, Marignage, Toulon, “listes Otto”…)

    En changeant circulation par brassage, on casse en partie le déplaisant de la loi #4.

    La loi #3 reste toujours mauvaise. Il faut la lier à la loi #4.

    Loi #3 : Le service à l’usager (extrémiste) et l’intérêt de ce dernier déterminent entièrement l’ensemble du fonctionnement de la bibliothèque en fonction de la loi #4 ;

    Loi #4 : La fonction d’une bibliothèque est de favoriser le brassage des idées (extrémistes) sous toutes leurs formes et par tous les moyens existants ou à venir.

    Tant qu’à lier :
    La Loi #0 devrait s’appuyer sur les lois #3 et #4.

    Si on ne les réorganise pas dans un autre ordre avant. ;-)

    Bien cordialement
    B. Majour (déjà long)

    B. Majour

    27 Dec 12 at 21:21

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